Mise en abyme

Les yeux étaient partis avec la joie du regard
laissant les orbites osseux
recueillir la nuit
cette encre
lisant les peurs de l’enfance
à l’homme endormi
Le temps rongeur
grignotait au sablier du cerveau
ses plages de rêves
quand l’esprit se donne à la déraison
Tout basculait
il essayait de se détacher du miroir
où il ne se reconnaissait plus
sa souffrance avait imprégné le tain
et le gardait prisonnier
de ses reflets
Le Cri de Munch
s’accrochait aux arbres de Soutine
tordus de douleur
Il avait fermé sa bouche
ses lèvres ressemblaient à une entaille de pierre
emmurant sa plainte
Il se rappelait alors avec douleur
la douceur du sucre
qui avait noirci ses dents
Emmanuel Schmutz
Texte paru dans le livre [Par défaut...], Jean-Pierre Humbert
